Confidences : la grossophobie, ça suffit !

Hello hello!

Dans quelques jours, cela fera six ans que j’ai subi une intervention chirurgicale appelée sleeve gastrectomie et qui fait partie de ce que l’on appelle plus communément des « chirurgies de l’obésité ». Loin de soigner la personne qui en bénéficie, ce type d’intervention irréversible a des conséquences à vie sur le quotidien.

Je parle de ce même jour et de ses conséquences sur mon quotidien ici : Ce jour qui a changé ma vie !

Aujourd’hui, je souhaite aborder un sujet qui me tient à cœur, puisque j’en ai été victime, certains de mes proches (connaissances ou amis) en sont victimes et parce que ce genre de pratique doit cesser !!

Je vais parler de mon expérience personnelle, et si tu te reconnais dans les lignes qui suivent, tu peux tout à fait réagir (avec respect, cela va de soi) et partager ton vécu si tu le souhaites. Le but de mon article n’est pas de me victimiser, mais plutôt d’alerter sur ces comportements qui n’ont pas leur place dans notre quotidien, et créent des situations tragiques dont nous pourrions nous passer.

Qu’est-ce que la grossophobie ?

Selon le Petit Robert, la grossophobie est définie comme l’attitude de discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids.

Mon vécu – attention, certains propos peuvent choquer !

Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été ronde. Je n’arrive pas à dire « grosse » mais j’étais toujours plus enrobée que mes camarades de classe. Ce qui a valu des remarques déplacées, des insultes, et ce, aussi bien de la part des autres enfants mais aussi des adultes !

Enfant, on me parlait souvent de « grosse vache » et autres mots très blessants que je n’arrive pas à transcrire sans verser quelques larmes de douleur. J’ai également connu la joie des règles qui sont arrivées tôt dans mon adolescence, puisque j’étais à peine entrée au collège quand elles sont entrées dans ma vie, avec plus ou moins de régularité. Du fait de mon surpoids, sans doute.

Plus tard, avec l’adolescence, les regards se détournaient de moi, je n’étais pas attirée par les autres jeunes de mon âge, et préférais la compagnie de mes livres ou de mes jeux vidéo, mondes imaginaires qui me permettaient de m’évader d’un quotidien difficile, aussi bien à la maison, qu’à l’école. Les moqueries pleuvaient, quelques-uns des enseignants m’ont soutenue, mais ces gestes n’étaient que peu de choses face au déluge de remarques désobligeantes que j’ai pu encaisser…

J’ai été victime de violences psychologiques, avec des mots (très) blessants, et des attitudes déplorables. J’ai même été agressée physiquement, je ne reviendrai pas sur les détails de ces moments qui pour moi appartiennent aujourd’hui au passé.

Au lycée, j’ai commencé à prendre soin de moi et de ma santé en consultant une nutritionniste à qui je dois beaucoup de choses, encore aujourd’hui. Grâce à son soutien, j’avais réussi à me « débarrasser » de quelques uns de ces nombreux kilos en trop. En vain. Dans ce genre de démarches, le soutien des proches est important. Même si, au fond, cette initiative était purement personnelle, je l’ai entamée avec un contexte délicat et il m’arrivait parfois de craquer, lors de baisses de motivation, ou parce que ce manque de soutien se ressentait trop.

Au moment de choisir mes études supérieures, je voulais entrer dans une carrière juridique, mais mes parents n’ont pas voulu me soutenir dans ce projet. C’est donc « par défaut » que je suis entrée en BTS assistante secrétaire trilingue, que j’ai préparé à Poitiers (car il ne fallait pas que je m’éloigne trop du domicile parental…).

Ma promotion était composée à près de 95% de femmes, et les remarques sont allées bon train, jusqu’à surveiller mon alimentation avec des commentaires que je préfère garder pour moi … Ce qui ne m’a pas empêché de réaliser mes stages à l’étranger (qui se sont relativement bien passé) et d’obtenir mon diplôme (de justesse, mais je l’ai eu !!) !!

Puis est venu le moment d’entrer sur le marché du travail !! Je ne citerai personne mais j’ai eu affaire à des employeurs plus ou moins respectueux, avec des commentaires désobligeants sur mon apparence… oui oui, c’est bien réel, je n’invente rien ! Un employeur qui t’observe de haut en bas (alors que je suis habillée en tenue professionnelle, veste/pantalon), avec un regard insistant… c’est tout de même un peu louche, non ?

Une des rares photos de moi à ma vingtaine…

Le plus dur à encaisser est de se voir refuser un poste, pour des motifs plus que douteux, à chaque fois on explique que notre profil est intéressant mais que l’on a préféré prendre quelqu’un qui se rapproche plus de la recherche initiale, un manque d’expérience (et ce, même après des stages en entreprise, ou des postes dans la fonction…). Je crois que le plus dur pour moi était jusqu’alors, les regards, qui parlent et heurtent bien plus que les paroles. Car rien n’est dit en face, tout est soigneusement déguisé derrière des prétextes qui n’ont (pour moi) pas lieu d’être.

Je constate que depuis mon opération et ma perte de poids, j’ai gagné de l’assurance et de la confiance en moi (même si je travaille encore là-dessus car rien n’est acquis… et que cela demande beaucoup de temps pour oser et se lancer dans certains projets). Je suis plus facilement écoutée et je ne dirais pas que ma perte de poids a été la seule raison pour cette réussite professionnelle tardive (j’ai réellement commencé à travailler vers mes 30 ans, soit il y a peu de temps…).

près de 10 ans séparent la photo précédente et celle-ci… et que de chemin parcouru ! Photo : Axel Clergeau Photographie

Mes conseils si toutefois tu rencontres une telle situation

– En parler à un proche de confiance, ne reste pas seul.e dans cette situation

Reste fort.e et courageux.se. Je sais, c’est plus facile à dire qu’à faire.

– Ne pas hésiter à contacter le défenseur des droits si un employeur a une attitude incorrecte avec toi

Si tu souhaites en parler dans les commentaires, n’hésite pas. Je te répondrai avec respect et sans aucun jugement. Et si tu souhaites échanger en privé, tu as mes réseaux sociaux qui sont ouverts pour dialoguer, en toute sérénité.

Merci pour ta lecture sur ce sujet quelque peu long, il me tenait à cœur de partager ce vécu sur ce fléau qui touche encore et toujours de nombreuses personnes, ce qui me sidère.

Bonne fin de journée à toi !

A très bientôt dans mes Carnets 😉

8 réflexions sur « Confidences : la grossophobie, ça suffit ! »

  1. Respect à toi par rapport à ce vécu qui est bien douloureux malheureusement et qui même moindre à l’air encore présent aujourd’hui bien que cela ne se voit pas. Les railleries de toutes sortes (obésité ou autre et je rajouterais le handicap…) sont légions malheureusement que ce soit au boulot et surtout à l’école. Je connais un peu. Pour ce qui est de s’évader ailleurs je connais aussi, moi c’était le dessin gamin et la musique puis le cinéma plus tard principalement SW comme tu sais. L’être humain est ce qu’il est. Je te souhaite plein de belles choses à venir. Biz.

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  2. Hello ! Ce sujet, je le vis au quotidien. Il m’est très difficile de pouvoir m’exprimer sur le sujet sans qu’on me dise que j’en fais trop et que je pourrai faire un effort. Je suis un peu perdue sur les démarches que je pourrai faire pour m’aider dans une perte de poids et surtout une stabilisation.
    Tout te rappelle que tu es « hors norme », les vêtements que tu aimes ne sont jamais dans ta taille ou coûte une blinde, les regards, les remarques, les stop professionnels que tu te prends en pleine face, les stops que tu te prends en perso.
    3 ans de couple très difficile et un mal être permanent m’ont fait prendre 25 kilos. Ce mal être et le stress que j’ai traversé récemment m’ont offert 25 kilos supplémentaire. La perte de poids de mon frère renforce la culpabilité de ne pas perdre. Depuis son changement physique, il renait, il semble plus heureux, il a même trouvé l’amour (qui d’ailleurs lui tournait le dos lorsqu’il été enrobé mais c’est une autre histoire).
    Un psy, une nutritionniste, une opération ? Je ne sais pas où aller, vers qui aller, à qui parler.
    Si tu as des tips, toi qui lit ce commentaire, c’est avec plaisir !
    Enaid, je te remercie pour ce post qui fait du bien, et j’étais ravie de t’avoir rencontré à la convention Universtar (grâce à toi j’ai même eu un bonjour de PP ^^).
    Bonne continuation ♥

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    1. Coucou toi ! N’hésite pas à venir me contacter en privé sur Insta ou Twitter et je t’expliquerai mon parcours et te donnerai quelques conseils, si on peut s’entraider, ce sera avec grand plaisir ! Prends soin de toi. 😘

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  3. Salut toi,
    Ça faisait longtemps que je n’étais pas revenu ici.
    Un témoignage fort. L’acceptation de soi est presque plus dure que celle des autres. Pour beaucoup l’école est le pire endroit quand on est différent. Je vois que le JV a été un refuge pour toi aussi, avant de devenir une passion. Il y a aussi des blessures qui ne se voient pas. Heureusement que j’ai vécu mon adolescence avant l’existence des réseaux sociaux. On ne se rend pas compte des ravages que l’on crée aujourd’hui.
    Bises à toi.

    Aimé par 1 personne

    1. Hello!!

      Ravie de te revoir ici 😊 je trouve aussi que l’école est un cap difficile quand on est (ou on se sent) différent. Et oui pour les réseaux sociaux, je dirais même que cela empire depuiq quelques temps.

      Prends soin de toi. Bises 😘

      J’aime

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